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chile | Tropic Of Capricorn

Chiloe avec h est une île bretonne du Chili, le barros luco con palta remplacant la crêpe suzette.

Oui, il pleut. Chiloe est accessible par bateau depuis Puerto Montt au cours d´une courte traversée égayée par les otaries et les pingouins. Nous choisîmes ensuite d´etablir campement à Castro, au coeur de l´île, plus précisément dans un hospedaje auquel nous resterions fidèle 3 jours durant. Chiloe est le lieu de villégiature privilégié des chiliens pendant l´été austral.

C´est en revanche vide de touristes en avril.


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Le mercredi 15 Avril nous prîmes un bus pour Chonchi d´où il était possible de prendre un bateau pour l´isla Lemuy. Nous ne savions pas que l´embarcadère se trouvait à 5km du village. Nous ne savions pas non plus que les chiliens possédaient un humour gastronomique fort subtil (en revanche pour les belles moustaches, on savait). Car au bout de cette balade de 5km le long de la route départementale nous attendait une auberge rustique en bord de fjord dont le patron, un dénommé Orlando, nous invita à consommer le menu de ce midi (menu unique bien entendu).
Il nous servit alors une cazuela de vacio, à savoir une assiette de bouillon de légumes (patates, navets, carottes, choux) garnie de viande de veau cuite avec. J´ai plus faim entendit-on dans l´assemblée. Que nenni, 2 grosses patates (appelées papas) farcies à la viande firent office de second plat.
Nous perdimes Pascal au cours de cette rude Ă©preuve. Les 2 leaders culinaires allaient alors se dĂ©partager au “postre” (dessert), un charmant bol de fruits en gelĂ©e rose. Sebastien remporta le duel haut la main (ou haut l´estomac devrait-on dire), se permettant le luxe d´attaquer le dessert de Pascal, ce qu´il regrettera amèrement ensuite.

Autant dire qu´après ce copieux et bon marchĂ© repas, les troupes n´étaient pas au sommet de leur forme (quand on vous dit qu´on a besoin de vacances…). La pluie, de la partie depuis 12h30, ne contribuait pas Ă  exacerber la motivation somme toute latente dont nous fĂ®mes preuve. Nonobstant, nous dĂ©cidâmes de prendre le bateau pour rejoindre l´île Lemuy en face. Pas grand chose Ă  dire sur cette Ă®le, si ce n´est qu´elle regorge de moutons, de pluie et de drĂ´les d´énergumènes :

Le jeudi 16 Avril fut consacré à la visite du Parque Nacional Chiloe. Un bus matinal nous emmena à Cucao, au sud du parc. Comme chaque matin, le soleil rayonnait à notre départ. Comme chaque jour, nous fûmes rapidement accueillis par une- heureusement peu dense, pluie.
Une longue marche nous conduisit au bout du monde, du moins au bout de notre périple du jour, car rien ne ressemble plus à un chemin bercé par les cris des chiens, les bêlements des moutons et le doux bruit de l´écume s´échouant sur la plage qu´un chemin bercé par les cris des chiens, les bêlements des moutons et le doux bruit de l´écume s´échouant sur la plage 100 mètres plus loin, sauf peut-être la Bretagne.

Le vendredi 17 Avril fut le jour oĂą le Tropic revint Ă  ses fondamentaux.
Finies les marches éreintantes, les paysages féériques, Valdivia, ville étudiante de 100000 habitants, nous proposait ses boîtes de nuit. Enfin. Nous n´avions pas parcouru des milliers de kilomètres pour rien. Nous connûmes quelques difficultés pour nous acclimater aux us et coutumes locaux, mais le Tropic s´en sort toujours. Valdivia, c´est aussi les lobos marinos, gros lions de mer qui traînent sur la jetée. Et qui montent sur le trottoir si on les défie du regard. Mieux vaut ne pas traîner dans leur quartier la nuit.

La remontée du Tropic se poursuit le lundi 20 Avril via 10 heures de bus pour Talca, sympathique ville de 200000 habitants, peu éloignée du Parque Altos de Lircay que nous espérions découvrir le lendemain.


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Basse saison oblige, peu de bus pour le parc étaient proposés, si bien qu´après avoir raté le bus de 7h15, nous n´avions plus qu´à trouver une autre activité pour la journée. Puisque les chiliens se vantaient tant de leur vins, et puisque nous étions dans une région viticole, nous allâmes rencontrer notre ami Balduzzi. L´hôtesse du vignoble nous guida lors d´une visite de 30 minutes au cours de laquelle nous fîmes semblant de nous y connaître un peu, misant toute notre esbrouffe sur notre statut de français. Visite intéressante, mais plus intéressante encore était la dégustation qui suivit. 4 vins, 2 blancs et 2 rouges, corrects, mais pas de quoi pavoiser.
Inutile de préciser que le crachoir demeura immaculé.

Le lendemain, nous prîmes le fameux bus de 7h15 pour le Parc Altos de Lircay duquel nous projetions de parcourir le sentier Enladrillado. Seuls touristes dans le bus, nous commençâmes la journée de marche par un arrêt obligatoire au poste du Conaf (Administration des parcs chiliens). Le gardien nous conseilla de marcher vite afin de récupérer le bus retour de 17h, il ne savait pas qui il avait à faire. Team France vola une nouvelle fois vers les sommets : passées les 2 heures de marche en forêt au délicieux son des cris d´oiseau, la montée finale de 50 minutes fut une formalité, sauf pour le genou de Pascal et le petit serpent mignon qui fut surpris dans son sommeil. En haut nous trouvâmes un plateau basaltique dont la surface était étrangement formée d´hexagones, comme si quelqu´un les avait posé là. La brochure publicitaire chilienne sous-entend que ça pourrait provenir des extra-terrestres. Oui, mais lesquels ?

Nous prîmes jeudi 23/4 un bus pour Valparaiso, ville bohême chère à Pablo Neruda, que chantèrent Steven et autres artistes en vogue.
Belle de jour, Valparaiso est aussi pleine de charme la nuit, si bien que notre préférence se porta sur El Huevo, haut lieu festif, plutôt que sur les musées et autres monuments que le Lonely Planet tenta de nous vendre. Ceci étant, entre coucher et sieste, nous eûmes le temps d´admirer le port, les collines colorées et tortueuses surplombant la ville, et c´est déjà beaucoup en si peu de temps.
Notre séjour s´acheva donc sur une impression très agréable, plaisant qu´il est de flâner dans cette ville, mais laissait toutefois un goût d´inachevé tant il reste de choses à découvrir là-bas. Mais notre route devait continuer. Et puis soyons francs, on aurait surement suivi le même programme en restant plus longtemps.

C´est donc le lundi 27/4 que nous arrivâmes à Santiago après 2h de bus. Aucun rapport avec Valparaiso, mais alors aucun (si ce n´est les chiliennes). De grands avenues, des grands immeubles, de la pollution. Toutefois la vie dans le centre demeure agréable.
Nos balades quotidiennes nous menèrent d´abord au Cerro Santa Lucia, colline surplombant la ville, un des rares coins de verdure. De là haut s´offrait à nous une vue très large de la ville. Une vue sur du pas très beau, ça reste quand même pas très beau. Nous eûmes ensuite la chance d´assister à un concours de danse sur la place centrale, où chaque école rivalisa de créativité, pour le meilleur et pour le pire.

Comme on est gentils, on vous montre juste le meilleur.

Nous visitâmes également le musée d´arts pré-colombiens, qui nous apprit que l´art c´était pour les classes aisées, et qu´on enterrait les défunts avec des poteries et autres objets artistiques. Il y avait aussi un jeu de pelote par équipes à la fin duquel les perdants étaient décapités, mais je ne suis pas sûr qu´on pourra l´importer facilement en France. Enfin toujours est-il que notre quota de musée bisannuel est pourvu, soulagés nous sommes.
Le clou de notre séjour devait être la rencontre de Copa Libertadores (équivalent de la Ligue des Champions de football pour les clubs sudaméricains) opposant le club local et populaire à travers tout le Chili, Colo-Colo, aux brésiliens de Palmeiras.
C´était le dernier match de poule, Colo-Colo avait besoin d´un match nul pour se qualifier pour les huitièmes de finale, en cas de défaite c´est Palmeiras qui passait. Autant dire qu´on avait hâte de voir l´ambiance pour ce match crucial. Nous ne fûmes pas déçus par l´ambiance, des chants une heure avant le match, debouts presque tout le temps au milieu des hinchas locaux. En revanche, niveau ballon, c´était pire qu´un match du PSG.
Colo-Colo passa son match à en attendre la fin, et Palmeiras procéda à quelques attaques fulgurantes (deux poteaux à la clé) mais sans succès. Puis vint la fin du match, les supporters étaient angoissés, et ce qui devait arriva. A trois minutes du terme du match, Palmeiras marqua d´une jolie frappe de loin. Nul doute qu´avec un libéro comme Seb, un milieu defensif comme Nico et un buteur comme Pascal, les Chiliens auraient gagné sans trembler. Mais bon, il leur a fallu plusieurs dizaines d´années pour faire un vin correct, laissons-leur encore un peu de temps pour apprendre à jour au football.

Vint ensuite un déchirement, un crève-coeur, comme une bière qu´on a aimé mais dont on ne retrouve plus le nom.
Le Chili, c´est fini, et dire que c´était le pays de. De quoi au juste ?
Proposez vos réponses, celle qui nous plaît le plus recevra le Prix Goncourou du calembour, et peut-être aussi un souvenir d´Amérique du Sud.
Bien entendu ce jeu n´a aucune règle.

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Note a l attention du lecteur: Le tropic a rencontre quelques problemes techniques avec sa camera (encore). Certaines videos ne sont donc pas “montees” et pourraient sembler longues et initeressantes sur la duree, a raison. Ci dessous le video qui expliquera tout (regarder surtout la fin de la video, notre camera n est toujours pas “waterproof”).

Nous avons embarque le samedi 14 mars d Ushuaia.

Ushuaia, c est la:


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A peine les formalites administratives reglees nous avions deja embarque. Malheureusement le temps commencait deja a nous jouer un tour et le port restait ferme, impossible de sortir.

Vers 13h il nous fut autorise de commencer notre periple.

Voici le trajet realise, en video.

Nous naviguions a bord du Kekilistrion (un plan du bateau est disponible sur le site) avec Olivier le skipper-commandant-capitaine-seul maitre a bord, Jon et Anne (un couple anglo-francais de Ouistreham, ville au nom qui existe vraiment) et Bruno leur ami. Ils ont gentillement tolere nos blagues, notre peu d enthousiasme pour le jazz, notre refus de se laver pendant 15 jours (15 jours!!!), l impetuosite du Tropic et notre gout hors du commun pour le gigot d agneau (fallait voir Zeb se jeter sur l os et regarder mechamment tout le monde autour de la table).

Se nourrir et se sustenter furent parmi les meilleures activites de la croisiere. On s est rempli plus qu a la limite trop souvent, faut dire que la viande qu on avait a bord etait particulierement bonne. Les gigots etaient suspendus a l arriere du bateau pendant plusieurs jours, battus par l eau et les vents sales, nous passions des heures a les fixer en imaginant deja le repas. Nous avons aussi fait honneur au vin argentin qui  nous l a bien rendu.

Nous dormions a l avant du bateau, de facon a etre plus pret de la table pour manger et pour aller au lit le plus vite possible apres manger.

Pour notre 1ere soirée nous avons fait escale a Puerto Williams, base militaire-ville encore plus au sud de Ushuaia, nous y avons effectue les formalites d entree au Chili (depuis notre arrivee en Amerique du Sud nous avons passe la frontiere argentino-chilienne 4 fois, ca en fait des tampons dans le passeport et des regards plein de soupcons a la douane).

Et le lendemain nous avons continue notre route vers l embouchure Est du Canal de Beagle en passant par Puerto Torro ou nous avons pu fairte du troc avec les pecheurs locaux: fruits + vin Contre Centolla + Crabes. La centolla, c est le King Crab, rare, cher et succulent. Le soir meme on a pu se faire un repas a base de crabes, centolla, pain et citron et on n a pas pu tout finir (ca nous a fait l apero du lendemain).

Lundi nous avons traverse la Baie de Nassau qui semblait bien calme de bon matin mais la particularite du climat dans ces regions consiste en 2 points: les previsions sont toujours fausses (enfin presque toujours) et le temps change plus vite que Zeb ne change de pantalon. On s est donc pris une mer bien agitee vers la fin de la baie et nous avons ete oblige de nous arreter pour la journee vers 13h.

Malheureusement la journee etait long d etre finie. Lorsque nous nous arretons a cote d une ile il faut amarrer le bateau a des arbres sur l ile. Avec Zeb nous avons ete volontaires designes d office pour partir a bord du petit zodiac avec des rames et l amarre. Nous devions aller sur l ile, amarrer le bateau a un arbre et revenir grace a l amarre (impossible sans l amarre, le courant etait trop fort). Mission facile en apparence…

Le courant etant trop fort, le corde de l amarre s est prise dans l helice du bateau et nous nous sommes retrouves sur l ile, seul avec notre bateau sans amarre (cf archives “L Amarre ma tue”). Apres 1/2h a essayer de trouver une solution nous n avons eu que l option de ramer comme des forcenes pour reussir a nous rapprocher du bateau d ou on nous a lance une corde. Nous etions sains et saufs. Il restait seulemennt a enlever la corde autour de l helice. Olivier a donc plonge en combinaison dans une eau a 7degres avec son couteau et sa scie pour degager l helice. Apres plusieurs heures tout etait regle et chacun savourait un repos bien merite.

La journee suivante il etait prevu de passer le cap Horn malheureusement quelques heures apres notre depart il devint evident que nous ne pourrions le faire pour cause de mauvais temps. Nous nous sommes donc amarres a l ile de Wollaston une nouvelle fois (et sans aucun probleme) et nous avons passe la journee a crapahuter sur cette ile (qui possede desormais un lac appele le Lac Pascal du nom de l aventurier celebre qui l a decouvert).

Sur un des sommets (400m) de ces iles humides nous avons pu apprecier la vue et le vent

Mercredi nous avons enfin pu passer le Cap Horn durant une belle et longue journee de navigation.

Lors du passage au Cap nous avons donc offert un ptit coup a boire a Neptune. Mais nous n avons pas pu acoster sur l ile, la houle etait trop forte. La navire a donc continue sa route pendant que chacun des marins contemplait le phare de loin en songeant a la vie des gens la bas et a tous ceux qui avaient passe ce cap mythique.

Puis nous avons commence notre retour vers Ushuaia pour aller a l ouest voir les glaciers.

Pendant tout notre trajet (vers les glaciers aussi) nous avons pu voir pas mal d animaux, beaucoup d oiseaux, des otaries (cf archives) et des dauphins. Les dauphins sont ceux qui nous ont le plus marques, de les voir arriver de loin pour venir jouer autour du bateau avec une grace et une rapidite incroyable.

Avant de continuer sur le recit des glaciers un petit moment animalier incorpore dans ce post tellement ils ont fait partie du voyage.

Fallait nous voir comme des enfants sur le bateau a courir partout, a crier et a montrer du doigt. On aurait cru voir des midinettes.

Apres etre remonte a nouveau jusqu a Puerto Williams puis Ushuaia nous avons fait route dans le Canal Beagle vers l ouest pour arriver aux premiers glaciers. Et ces glaciers qui se jettent dans l ocean sont d une beaute a couper le souffle (enfin y a la beaute mais y a aussi le froid pas mal).

Nous avons passe 2 jours dans les glaciers avant d amorcer notre retour vers Ushuaia en repassant par Puerto Williams pour les formalites administratives.

Nous sommes finalement arrives a Ushuaia jeudi 26mars au soir.

Apres un dernier repas avec tout l equipage vendredi midi nous avons pu en profiter pour aller un peu sur internet (apres 15 jours de sevrage c etait un moment attendu) et acheter un nouveau pantalon pour Zeb (qui a l heure actuelle a deja perdu 2 boutons).

Samedi matin nous prenions le bus pour Pujnta Arenas ou nous avons renoue avec une vie sociale et nocturne avant de retrouver Luc l Indonesien dans le bus pour Puerto Natales lundi apres midi.

Le parc Torres del Paine nous attend.

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